Code cycliste .onion? ()

A proprement parler, il n'y a pas de code cycliste, le code de la route étant le même pour tous les usagers, quelque soit leur moyen de locomotion. Cependant il peut s'avérer intéressant de jeter un oeil sur ce qui dans le code de la route français actuel, concerne directement les cyclistes.

L'objectif du présent article est donc bien de faire un petit récapitulatif à jour de la circulation cycliste, des aménagements prévus et de la considération qu'il en ressort de la part des usagers de la voie publique.

La lecture du code de la route peut s'avérer rébarbative et indigeste, je vais faire l'effort de synthétiser tout ça sans paraphraser quand cela n'est pas nécessaire, de sorte à ne pas altérer le sens profond des mots.
Aussi si des erreurs se sont glissées dans l'article ou si depuis sa rédaction une nouvelle règlementation avait vu le jour, n'hésitez pas à me le signaler en commentaire. :)

Avant-propos

Ces dernières années après le bilan plus que mitigé du "tout-automobile", poussées par les associations cyclistes, urbanistes et suivant l'exemple de nos voisins, les autorités françaises ont procédées à divers aménagements au sein du code de la route, afin d' intégrer au mieux ce qu'il est dorénavant convenu d'appeler les "mode (de transport) actifs / mobilités actives", avec pour figure de proue le vélo.
Le code et les aménagements routiers actuels ont été pensés dès après-guerre et développés durant des décennies, pour permettre à nos villes et nos campagnes d'être desservies aisément à l'aide de nos chères automobiles. En somme Le progrès tel qu'on le concevait alors. Seulement depuis le début des années 90, des mouvements populaires, associatifs et politiques ont permis de revoir la copie et d'entamer un changement en profondeur de notre système de pensée, de nos modes de vie et dans notre façon de nous déplacer. Nous sommes actuellement en plein "bouleversement" des moeurs... et les moeurs, ça se heurte facilement.

Code de la rue

On parle d'ailleurs aujourd'hui de Code de la rue, des mots marquants inspirés des expérimentations belges concernant le mode de vie urbain et des transports qui le rendent possible.
Initié en 2006 et mise en place en 2008 au travers du décret 2008-754 du Code de la route, celui-ci a aménagé les vitesses en milieu urbain, a introduit les zones de rencontres entre tous les usagers qui se voient alors limités à 20Km/h, et qui donne toujours la priorité aux piétons, le tout saupoudré de stationnements spécifiques pour les véhicules motorisés.

Ce concept, instiguant à l'usager le mieux protégé un devoir de prudence à l’égard du plus exposé, s'est étendu à d'autres aménagements telles les zones 30 et les zones piétonnes. Derrière tout cela, trois principes sommeillent:

  • Le respect mutuel de tous les usagers de la voie publique, motivant la vigilance des automobilistes envers les plus vulnérables ;
  • plus de sécurité, avec une signalisation plus claire et des règles de circulation et de stationnement spécifiques;
  • Un intéret écologique, avec la favorisation des modes de circulation doux en ville.

PAMA

Depuis, divers décrets ont à leur tour apporté leur lot de modifications essentielles au code de la route, notamment en juillet 2015 avec le décret PAMA - plan d'actions pour les mobilités actives et au stationnement - a de nouveau modifié en profondeur la réglementation afin de faire un premier pas vers l'intégration des modes doux dans notre quotidien, sur un fond légal.

Voyons en détails ce que ces différents décrets ont apportés et l'état actuel de notre code de la route.

Qu'est-ce un cycliste?

Vous allez rire mais le mieux est de commencer en définissant ce qu'est et ce que n'est pas un cycliste selon le code de la route, mais aussi qu'est-ce qui y est considéré comme un véhicule 2 roues (motorisé ou non).

Le cycliste est le conducteur du cycle, baptisé vélo(cipède) et/ou bicyclette dans l'acceptation commune. Aussi est reconnu comme vélo ou bicyclette est un véhicule terrestre, entrant dans la catégorie des cycles (cyclomoteurs, bicyclettes, etc), composé de deux roues alignées et propulsé par la force musculaire avec une sans assistance électrique. Selon le code de la route, à l'article R311-1 :

R311-1

  • 6.10. Cycle : véhicule ayant au moins deux roues et propulsé exclusivement par l'énergie musculaire des personnes se trouvant sur ce véhicule, notamment à l'aide de pédales ou de manivelles ;
  • 6.11. Cycle à pédalage assisté : cycle équipé d'un moteur auxiliaire électrique d'une puissance nominale continue maximale de 0,25 kilowatt, dont l'alimentation est réduite progressivement et finalement interrompue lorsque le véhicule atteint une vitesse de 25 km/ h, ou plus tôt si le cycliste arrête de pédaler ;

Voilà pour ce qui est un cycle, au sens communément entendu. Et pour le reste? Penchons-nous sur les articles R412-34 à R412-43 et sur ce document du service public.

R412-34 à R412-43

  • Les engins à roulettes sans moteur (rollers, trottinettes, skateboards, planches ou patins à roulettes) ne sont pas assimilés à un véhicule. On peut les utiliser uniquement sur un trottoir.
  • Les utilisateurs d'engins à roulettes sans moteur sont assimilés à des piétons. Ils sont soumis à une obligation générale de bon sens et de prudence. [...] Ils doivent circuler uniquement sur les trottoirs, respecter les feux tricolores, emprunter les passages protégés.
  • Les trottinettes à moteur doivent rouler sur la route si elles sont équipées d'un siège, homologuées, et capables de dépasser 6km/h.

A noter: seuls les enfants de moins de huit ans sont autorisés à circuler sur les trottoirs, aussi les vélos pour enfants ne sont pas assimilés à un véhicules.

Roller, skateboard, trottinette, ...

Les usagers de roller, de skateboard, de la trottinette et autres engins sont donc considérés actuellement comme des piétons, ils sont dû de circuler sur le trottoir uniquement. Cependant il arrive souvent de voir ceux-ci - que leur engin soit électrique ou non (selon certaines limites, voir ci-dessous) - circuler sur la chaussée, le plus souvent su la bande cyclable quand celle-ci en est pourvue.
Il y a là-dessus une lacune, a priori du fait de la difficulté de trancher la question, vu la diversité des machines en circulation. Il s'agit d'engins peu encombrants qui ne sont pas censés atteindre de grandes vitesses (10-12 Km/h en moyenne), de fait il est difficile pour eux de s'insérer dans une circulation automobile, mais ils vont dans certains cas trop vite pour pouvoir circuler sans encombre sur le trottoir parmis les piétons.

La question est ancienne mais elle a refait surface récemment, depuis la démocratisation des engins électriques. Certaines dispositions seront probablement prises dans les années à venir, faut-il l'espérer.

Engins électriques / V.A.E. / Speedbike

Une distinction se fait néanmoins avec les engins électriques, notamment dans la catégorie "vélo". Selon l’article R311-1, les V.A.E. ou Vélo à Assistance Electrique restes considérés comme des vélos sous couvert qu'ils respectent ces trois critères :

  • avoir un moteur d'une puissance maximale de 250W
  • le dit moteur ne doit se mettre en marche que si le conducteur pédale - d'où le terme d'assistance
  • le moteur doit se couper au delà d'une vitesse de 25Km/h

Au-delà, les VAE n'en sont plus et deviennent de fait des cyclomoteurs de Catégorie L1e. Les speedbikes pouvant atteindre la vitesse de 45 Km/h, ils deviennent dès lors des cyclomoteurs, de la même façon que le sont les scooters électriques équivalent 50 cm3 (L1e).

Équipements

Éclairages / Catadioptres

De nuit ou quand la visibilité est insuffisante (brouillard, tunnel, pluie, crépuscule, ...), pour circuler à vélo, vous devez obligatoirement avoir :

  • un phare avant blanc ou jaune fixe non éblouissant (R313-4 )
  • un phare arrière rouge fixe ou clignotant (R313-5)
  • un catadioptre avant blanc (ou jaune) (R313-20, 1ère classe) et un catadioptre arrière rouge (R313-18, 1ère classe)
  • des réflecteurs oranges visibles latéralement (R313-19, 1ère classe)
  • des réflecteurs de couleur orangé de pédale (R313-20, 1ère classe)

Indicateurs de direction

Par ailleurs aucune disposition dans le code la route n'indique que les cycles non-motorisés peuvent être pourvus d'indicateurs de direction. A la lecture de l'article R313-14

R313-14

  • I.-Tout véhicule à moteur ou toute remorque dont le poids total autorisé en charge est supérieur à 0, 5 tonne doit être pourvu de feux indicateurs de direction à position fixe et à lumière clignotante. Ces dispositifs doivent émettre une lumière non éblouissante orangée vers l'avant et vers l'arrière.
  • II.-Les dispositions du I ci-dessus ne sont pas applicables aux cyclomoteurs qui, toutefois, peuvent être munis de feux indicateurs de direction.

Il apparait que seuls les véhicules de plus de 0,5 tonne doivent en être obligatoirement pourvus et que les cycomoteurs peuvent qu'en à eux en être pourvus, optionnellement.

Que faut-il comprendre? Les cycles ne sont nullement mentionnés dans l'article. L'absence d'obligation pour les cycles de posséder des indicateurs de direction, n'induit pas nécessairement une interdiction d'en équiper son vélo. Nous sommes probablement soumis à une certaine tolérance.
Certains dispositifs présents sur le marché français (les winglight, les casques pourvus de lumière, les gants de direction, les sacs à dos, etc) jouissent de ce vide législatif et de cette toute relative tolérance. Aussi les dispositions légales n'étant pas les même dans tous les pays, leur utilisation est soumise à la législation locale, au client de s'en informer, les constructeurs le rappellent bien volontiers.

Un détail du code de la route en ce qui concerne les éclairages de nos véhicules, nous aiguille quelques peu sans pour autant définir clairement une règle. Comme pour tout véhicule, les vélos devraient logiquement être équipés à l'avant et l'arrière de façon symétriques du même dispositifs ce qui dans la pratique ne s'observe pas. Que vous ayez des indicateurs de direction en bout de cintre, sur vos gants ou votre casque, vous contrevenez à cette règle. Mais s'applique réellement t'elle aux cycles? Cela reste confus.

Une adaptation de cet article de loi serait la bienvenue.

Feux arrière clignotant

Petite nouveauté, depuis le 1 janvier 2017 grâce au décret n°2016-448 du 13 avril 2016 - art. 24 modifiant l'article R313-25, il est possible pour tout conducteur d'utiliser un feu arrière rouge clignotant.

Dans le texte ce qui a été modifié (en gras); Les feux et signaux ne peuvent être à intensité variable, sauf ceux des indicateurs de direction, des feux de position arrière, des feux stop, des feux de brouillard arrière et du signal de détresse.

Les feux clignotants attirent probablement plus l'attention que les feux fixes, notamment en milieu urbain. Cela peut être considéré comme une plus value pour la sécurité des cyclistes et révélent une certaine considération de ce mode de transport par les autoritaires, mais il y aurait probablement d'autres améliorations, plus significatives, à apporter à notre léglislation.
Le code de la route, si il faut le rappeler, a été depuis longtemps rédigé dans le seul et unique objectif de légiférer sur la circulation des automobiles.

Les améliorations possibles

  • Les pneus à flancs réfléchissants par exemple ne peuvent pas remplacer les catadioptres latéraux; ils ne sont pas oranges, mais le plus souvent blancs. A cela s'ajoute le risque de dégradation plus important que peuvent subir les flancs d'un pneu, mais des normes industrielles pourraient probablement améliorer la situation.
  • Le code de la route ne fait jamais mention de l'intensité/puissance de l'éclairage, hormis le fait qu'il ne doit pas être "éblouissant". Les normes industrielles précisent qu'une alimentation de 6 volts et qu'une puissance de 3 watts est au minimum, sans plus de détails. Donc parfois malgré une norme NF, un équipement peut s'avérer insuffisant pour être correctement vu. De fait, les équipements devant obligatoirement être fournis à l'achat d'un vélo sont bien souvent de piètre qualité, ne conviennent pas à la pratique et ne tiennent pas dans le temps.
  • A contrario dans certains pays voisins des dispositions sont prises par leur code de la route. En Allemagne par exemple, où il est obligatoire pour les vélos de disposer d'éclairages efficaces d'au moins 10 lux à 10 mètres de distance. Un exemple à suivre.

Casque

Le casque n'est pas obligatoire.
A part pour les enfants de moins de 12 ans, ceci étant effectif depuis le 22 mars 2017 grâce au décret décret n° 2016-1800 qui a créé pour l'occasion l'article R431-1-3, mettant en avant la responsabilité de l'adulte accompagnant l'enfant qui doit s'assurer qu'il porte un casque répondant aux exigences de sécurité. Mais bon, même si vous êtes un adulte ne faîtes pas trop les fifous, je vous conseille d'en porter un vous aussi, on n'est jamais à l'abri d'une mauvaise chute. Pis ça montre l'exemple.

R431-1-3

I. - En circulation, le conducteur et le passager d'un cycle, s'ils sont âgés de moins de douze ans, doivent être coiffés d'un casque conforme à la réglementation relative aux équipements de protection individuelle. Ce casque doit être attaché.
II. - S'il est âgé d'au moins dix-huit ans, le conducteur de cycle qui transporte un passager âgé de moins de douze ans doit s'assurer que ce passager est coiffé d'un casque dans les conditions prévues au I.
De même, la personne âgée d'au moins dix-huit ans qui accompagne au moins un conducteur de cycle âgé de moins de douze ans doit s'assurer, lorsqu'elle exerce une autorité de droit ou de fait sur ce ou ces conducteurs, que chacun est coiffé d'un casque dans les conditions prévues au I.

Gilet haute visibilité

Le gilet haute visibilité est obligatoire lorsqu’on circule hors agglomération uniquement (R431-1-1, 2ème classe).

Outre la fameuse chasuble jaune fluo, qui ne se prête pas à tous les usages, il existe aujourd'hui des vêtements haute visibilité qui s'accomodent d'autant plus de nos modes de vies et qui ne se considèrent non plus comme des accessoires, mais bel et bien comme des éléments faisant pleinement partie .

Il s'agit souvent de vestes taillées pour le vélo, adaptées aux saisons, voire des vestes typées urbain, réversibles, qui s'adaptent à vos besoins et convenances sans vous donner le look très DDE.

Aménagements cyclables

Le Décret n° 2015-808 du 2 juillet 2015 a modifié en profondeur l'usage de la route par les cyclistes.

Espaces réservés

Les vélos sont des véhicules comme les autres ou presque; sa place est sur la chaussée, comme les voitures ou les cyclomoteurs, mais un cycliste a aussi ses propres voies réservées ou partagées et il peut même être considéré comme un piéton, du moment ou il tient son vélo à la main.
Référons-nous à l'article R110-2 - modifié par Décret n°2010-1390 du 12 novembre 2010 - pour définir ce que sont bandes cyclables, pistes cyclables, voies vertes, zone 30 et tout autre lieux ou aménagements accessibles aux cyclistes (ou non).

La piste/bande cyclable n'est plus en France (depuis le décret 98-828 du 14 septembre 1998) un équipement que les cyclistes ont l'obligation d'emprunter, sauf cas particuliers signalés par un panneau « équipement cyclable obligatoire ».

R110-2

bande cyclable : voie exclusivement réservée aux cycles à deux ou trois roues sur une chaussée à plusieurs voies ;
piste cyclable : chaussée exclusivement réservée aux cycles à deux ou trois roues ;

Espaces partagés

R110-2

chaussée : partie (s) de la route normalement utilisée (s) pour la circulation des véhicules ;
voie verte : route exclusivement réservée à la circulation des véhicules non motorisés, des piétons et des cavaliers ;
zone 30 : section ou ensemble de sections de voies constituant une zone affectée à la circulation de tous les usagers. Dans cette zone, la vitesse des véhicules est limitée à 30 km/ h. Toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes, sauf dispositions différentes prises par l'autorité investie du pouvoir de police. Les entrées et sorties de cette zone sont annoncées par une signalisation et l'ensemble de la zone est aménagé de façon cohérente avec la limitation de vitesse applicable.
zone de rencontre : section ou ensemble de sections de voies en agglomération constituant une zone affectée à la circulation de tous les usagers. Dans cette zone, les piétons sont autorisés à circuler sur la chaussée sans y stationner et bénéficient de la priorité sur les véhicules. La vitesse des véhicules y est limitée à 20 km/ h. Toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes, sauf dispositions différentes prises par l'autorité investie du pouvoir de police. Les entrées et sorties de cette zone sont annoncées par une signalisation et l'ensemble de la zone est aménagé de façon cohérente avec la limitation de vitesse applicable.

Chaucidou

Il ne s'agit pas d'une spécialité charcutière mais bien d'un aménagement routier. La chaucidou ou voie centrale banalisée, est une voie parcourue par des automobiles ou de part et d'autres de la chaussée des bandes cyclables permettent aux cyclistes de circuler dans les deux sens.

Celle-ci favorise le ralentissement des automobilistes, leur permet de croiser les cyclistes en utilisant la largeur nécessaire, fluidife la circulation en conservant une vitesse modérée et apporte confort et quiétude aux cyclistes.

image: Cerema

Sas vélo

Voilà une vraie bonne invention qui permet aux cyclistes de se mettre en sécurité en se plaçant devant les voitures, aux feux tricolores, visibles et loins des angles morts, prêt à démarrer afin d'anticiper les dépassements sauvages de la part des mauvais conducteurs. Autre avantage et pas des moindres, le cycliste peut se positionner sur la voie qu'il souhaite emprunter pour par exemple tourner à gauche au carrefour.

Vraiment génial. Seulement, et je ne crois pas qu'il s'agisse que d'un ressenti, mais il me semble vraiment que le sas vélo est assez peu respecté par les autres usagers. D'une part certains automobilistes qui s'arrêtent dessus et qui ne savent même pas de quoi il s'agit, d'autre part les cyclomoteurs qui s'y installent la majorité du temps, interdisant bien souvent l'accès aux cyclistes.

Et quand bien même si les automobilistes et les cyclomoteurs ne s'y trouvent, il est parfois difficile - voire impossible - d'accéder au sas du fait que les abords ne sont pas suffisamment larges pour y circuler en vélo. Sans s'imposer, on reste derrière.

  • Depuis le 1 janvier 2016, les sas vélo aux feux rouges sont désormais interdits aux cyclomoteurs
  • Depuis le 31 décembre 2016, les infractions au non-respect des sas vélos peuvent être verbalisées sur la base de vidéos ou radars

Le décret PAMA synthétisé

Vélo en ville: le sas vélo from Ville d'Angers on Vimeo.

Double-sens cyclable

Le décret du 30 juillet 2008 a fait du double-sens cyclable en zone 30 et en zone de rencontre (créées par ce même décret), une norme. Depuis le 1er juillet 201O, c'est au tour des zones 30 pré-existantes de se voir transformées en double-sens cyclable.

Bien que très mal accueilli et étant encore au centre de nombreuses discussions sur le sujet - d'aucun diront qu'il s'agit là d'un aménagement accidentogène - de nombreuses études viennent contester cette croyance. Dans tous les cas, soyez prudents. Les usagers de la route, particulièrement ceux au volant d'une automobile, n'ont pas encore l'habitude et n'ont pas été "formés" à l'auto-école à ce cas de figure.

1200px-Sens_interdit-v-lo-contrensens Signalisation de l'entrée d'un contre-sens cyclable à Paris - Hegor CC BY-SA 3.0

Cédez-le-passage cycliste

Stationnement

On savait déjà que le code de la route a été conçu au fil du temps en se préoccupant presque exclusivement des véhicules automobiles. Si on n’en est pas convaincu il suffit d’en lire les articles traitant du stationnement.

Les dispositions réglementant le stationnement simple (R417-1 à R417-8, 1ère classe) de même que celles concernant le stationnement dangereux (R417-9, 4ème classe) ont une pertinence très faible pour les vélos vu leur faible encombrement : côté de la chaussée et sens, limitations, prévention des risque d’accident.

Dans la pratique, en ville on ne peut stationner que sur la chaussée (comme les autos) et sur les emplacement désignés. Toutes les autres possibilités ou presque entrent dans le champ du stationnement gênant (R417-10, 2ème classe) ou très gênant (R417-11, 4ème classe).

Très gênant : trottoirs (sauf deux roues !), passages piétons, bandes et pistes cyclables, voies vertes, emplacements réservés aux transports publics, taxis et tous autres services publics, véhicules masquant un feu, bus dans les zones touristiques, places handicapées, bouches d’incendie.
Gênant : aires piétonnes, zones de rencontre en dehors des emplacements spécialement aménagés, ponts, tunnels, passages souterrains, au droit des bouches d’incendie, etc. . Curieusement, le code précise que le stationnement en double file est gênant sauf s’il s’agit de cycles à deux roues.
La mise en fourrière est notifiée au titulaire du certificat d’immatriculation mais si le véhicule n’est pas identifiable (cas des vélos), il n’est pas procédé à cette formalité (R325-31).

Dans tous les cas de stationnement gênant, lorsque le conducteur ou le propriétaire du véhicule est absent, l’immobilisation et la mise en fourrière peuvent être prescrites dans les conditions prévues aux articles L. 325-1 à L. 325-3.

Il en est de même en cas de stationnement abusif. Est considéré comme abusif le stationnement ininterrompu d’un véhicule en un même point de la voie publique ou de ses dépendances, pendant une durée excédant sept jours ou pendant une durée inférieure mais excédant celle qui est fixée par arrêté de l’autorité investie du pouvoir de police (R417-12), c’est-à-dire le maire dans la plupart des cas.

Les piétons

Les piétons dans tout ça? Quelle est leur place sur la voie publique et plus précisement sur les voies réservées aux cyclistes? La réponse se pose en deux temps avec les articles R412-37 et R412-34.

R412-34

I. - Lorsqu'une chaussée est bordée d'emplacements réservés aux piétons ou normalement praticables par eux, tels que trottoirs ou accotements, les piétons sont tenus de les utiliser, à l'exclusion de la chaussée. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux aires piétonnes et aux zones de rencontre.
I bis. - Les enfants de moins de huit ans qui conduisent un cycle peuvent utiliser les trottoirs ou accotements, sauf dispositions contraires prises par l'autorité investie du pouvoir de police, à la condition de conserver l'allure du pas et de ne pas occasionner de gêne aux piétons.
II. - Sont assimilés aux piétons :

  • Les personnes qui conduisent une voiture d'enfant, de malade ou d'infirme, ou tout autre véhicule de petite dimension sans moteur ;
  • Les personnes qui conduisent à la main un cycle ou un cyclomoteur ;
  • Les infirmes qui se déplacent dans une chaise roulante mue par eux-mêmes ou circulant à l'allure du pas.
  • III. - La circulation de tous véhicules à deux roues conduits à la main est tolérée sur la chaussée. Dans ce cas, les conducteurs sont tenus d'observer les règles imposées aux piétons.

R412-37

Les piétons doivent traverser la chaussée en tenant compte de la visibilité ainsi que de la distance et de la vitesse des véhicules.

  • Ils sont tenus d'utiliser, lorsqu'il en existe à moins de 50 mètres, les passages prévus à leur intention.
  • Aux intersections à proximité desquelles n'existe pas de passage prévu à leur intention, les piétons doivent emprunter la partie de la chaussée en prolongement du trottoir.

Infractions, sanctions et amendes

Tous les usagers étant soumis au même Code de la route, tous en cours les même sanctions et les mêmes amendes en cas d'infractions, à quelques exceptions près. Jetons un oeil à celles concernant notamment les cycles.

Celles-ci s'organisent en classe et en catégories :

Sanctions

Infractions Article du Code Classe de l'amende
Emprunter une voie de bus lorsque la réglementation l'interdit R412-7
Ne pas tenir sa droite, en marche normale, en condition de conduite normale R412-9
Rouler sur la partie gauche d'une chaussée à double sens, en marche normale R412-9
Ne pas laisser un véhicule de transport en commun (ne pas ralentir/s'arrêter), quitter son arrêt R412-11
Franchir ou chevaucher une ligne continue blanche R412-19
Changer de voie dans un embouteillage afin de doubler les autres usagers de sa file R412-24
Ne pas respecter la signalisation au sol, imposant une direction R412-26
Rouler en sens interdit R412-28
Ne pas marquer un arrêt absolu au feu rouge, fixe ou clignotant (à la ligne perpendiculaire à l'axe de la voie, matérialisée ou non) R412-30
Ne pas respecter les signalisations lumineuses régulant la traversée des piétons R412-30
Circuler en cycle sur un trottoir (hormis enfant de plus de 8 ans) R412-34
Ne pas maîtriser et adapter sa vitesse selon les conditions de circulation R413-17
Refuser une priorité (usagers venant en sens inverse, à droite, etc) R415-4 à R415-12
Ne pas marquer l'arrêt absolu au STOP R415-6
Rouler à plus de deux cycles de front sur la chaussée. R431-7
Pour un cycle/cyclomoteur, se faire remorquer par un véhicule R431-8
Ne pas circuler sur une bande ou piste cyclable, lorsque celles-ci sont rendues obligatoires par les pouvoir de police R431-9
Ne pas conserver l'allure du pas (-20km/h) sur les aires piétonnes R431-9

Amendes

Classe Amende forfaitaire minorée (1) Amende forfaitaire Amende majorée Amende maximale (2)
Piéton N/A 4€ 7€ 38€
Première N/A 11€ 33€ 38€
Deuxième 22€ 35€ 75€ 150€
Troisième 45€ 68€ 180€ 450€
Quatrième 90€ 135€ 375€ 750€
  • (1) – Pour les stationnements, l’amende forfaitaire minorée ne s’applique pas.
  • (2) – Si le cycliste ne respecte pas les feux rouges, les STOP ou encore les « Cédez-le-passage », l’amende forfaitaire, minorée ou non, ne s’applique pas.

Les améliorations possibles

Un code de la route et des aménagements adaptés

Malheureusement les sas vélos, les bandes et pistes cyclables sont souvent très mal entretenues (végétation, déchets, mobilier urbain inadéquat) et non respectées par les autres usagers (piétons, motocyclistes, voitures/camionnettes stationnées..).
C'est probablement courant dans plusieurs villes françaises, mais je reste persuadé qu'une meilleure communication permettrait probablement d'améliorer l'image du cycliste en ville. De plus des aménagements adéquats, mieux étudiés et sécurisés permettrait de rassurer les cyclistes les moins chevronnés, qui sont découragés d'emprunter la chaussée parfois dangereuse, rallongeant le trajet et qui préfèrent se risquer à escalader sauvagement les trottoirs, à franchir les feux rouges et à bousculer les piétons.

Une meilleure communication et des aménagements mieux conçus, sécurisants et adaptés à nos différents modes de transport, à l'échelle nationale, ferait redescendre cette tension qui existe entre les différents types d'usagers, adoptant de fait des comportements dangereux et déraisonnables.

Les choses doivent bouger.
La récente annonce du Plan Vélo par Elisabeth Borne, lors de la clôture des Asssises de la Mobilité, augure un avenir plus radieux pour nos villes en mettant au coeur de nos mobilités, le vélo.

Il y a une aspiration de nos concitoyens à un changement culturel sur ce sujet, le succès de la concertation Parlons vélo lancé pendant les Assises, avec plus de 113 000 réponses en témoigne.
Elisabeth Borne, Ministre en charge des transports le 13 décembre 2017

On apprit malheureusement que le Bonus VAE, dont parle Elisabeth Borne dans son discours, verrait ses critères d'admissibilité réduit dès février 2018 aux foyers non-imposables et réduit de moitié. quoiqu'il en soit, restons optimistes et faisons tous en sorte de faire changer les choses, que vous soyez cyclistes ou non. Il ne s'agit pas d'un combat pour ou contre le vélo mais bel et bien Pour ou Contre une Vie/Ville plus saine.

Responsabilisons-nous

Personne n'est à l'abri d'une inadvertance, d'une méconnaissance du Code (même si aux yeux de la Loi ce n'est pas admissible) et parfois d'un moment de relâchement, un moment ou on se dit qu'on s'en fiche. Mais ceci n'est pas souhaitable, ça met tout le monde en danger et chacun de nous doit s'efforcer d'éviter les comportements à risque.

Mais ce qu'on doit surtout éviter, c'est de pointer du doigt le comportement des Autres, sans même jeter un regard à ce qu'on fait nous-même. C'est difficile, certes, mais ce n'est pas irrémédiable.

Lorsque j'ai débuté la rédaction de cet article, il ya plusieurs mois déjà, mon comportement à vélo n'était pas tout à fait le même qu'aujourd'hui, je conduisais peut-être de façon plus risky ou plus aventureuse, trop empressé de prendre part à la valse urbaine, ravi que j'étais d'animer de mon être la danse des véhicules. Mais après quelques gamelles (la pluie, le revêtement, le marquage, ..) et quelques rencontres douloureuses avec les carrosseries d'indélicats usagers, j'ai fini par me dire que ce n'était pas forcément une mauvaise idée que de redoubler de vigilance. Je respectais bien évidemment le code de la route et la signalisation mais un peu de grease peut parfois conduire à des moments d'inadvertance où on ne songe pas au potentiel chauffard qui va se rabattre sur nous jusqu'à ce qu'il le fasse.

Aussi je prends à coeur de donner l'exemple ou la contre-mesure de ce à quoi s'attendent à voir les autres usagers de la part des cyclistes, de me faire le vecteur du bon comportement en faisant mentir toutes les idées reçues qu'on peut avoir sur les cyclistes. Oui, effectivement certains cyclistes sont dangereux, grillent systématiquement les feux en se jetant dans les carrefours sans même regarder aux alentours, en se comportant comme des goujats, coupant le nez aux piétons qui eurent le tort de traverser au même moment la voie, assurés d'être dans leur bon droit. Après tout, le passage piéton et le feu vert étaient en leur faveur mais c'était sans compter sur la vigueur de ces intrépides cyclistes à la minute qui n'ont pas de temps à perdre, seulement la vie.

Loin de moi l'idée de faire la part entre le vrai bon cycliste et l'abruti monté sur roues, comme on peut parfois l'entendre de-ci delà. Cette distinction ne m'apparait pas vraisemblable et en tous les cas ne fait que rejeter la faute sur les autres sans permettre d'améliorer en aucune façon son attitude sur la voie publique. Comportons nous au mieux, veillons à notre sécurité et à celle des autres sur la route.

La circulation ne se fait pas seule et il est inutile de reprocher à tous les automobilistes, à tous les cyclistes, ou à tous les piétons leur comportement si en retour on n'apprend pas nous-même à veiller au notre.

Tous n'agissent pas de la même sorte, tous ne se comportent pas comme des cons et tous ne peuvent être alerte et bienveillant à tout moment. Il faut avant-tout faire en sorte - faire de son mieux - pour avoir un comportement respectueux et adéquat/attentif lorsqu'on décide de prendre part à la circulation, pour les autres usagers et pour soi. C'est le meilleur moyen de mieux vivre ces instants partagés si j'ose dire et de ne pas en faire une angoisse.

J'apprécie particulièrement circuler à vélo à Lyon, qui est mon moyen de transport exclusif n'utilisant qu'occasionnellement la voiture qui, en ville, ne m'est pas utile et très sporadiquement les transports en commun, quand j'y suis obligé. Si je monte dix fois dans l'année dans une voiture/bus/métro/tram, c'est le bout du monde.

Sources et lectures

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